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Économie & Finances · Économie, Finances, Budget

Fiscalité / Dette publique

Avertissement méthodologique : mise à jour du 16 octobre 2026, les principaux candidats sont déclarés (voir « Qui est candidat ? » sur la page d'accueil), mais aucun n'a encore publié de programme 2027 complet (celui de La France insoumise est annoncé pour les 6 et 7 novembre 2026) et Raphaël Glucksmann (Place publique) a été désigné candidat de la gauche sociale-démocrate dès le premier tour de la primaire « Choisir 2027 » (11 octobre 2026). Positions reconstituées à partir des programmes 2022, des votes budgétaires 2025-2026, et de déclarations récentes de personnalités pressenties.

Ce que promettent les programmes

7 positions comparées.

  • RN
  • LFI/NFP
  • PS
  • Bloc central
  • LR
  • EELV
  • Reconquête

Ce que permet la réalité

  • 1Réalisable
  • 4Sous conditions
  • 1Incompatible
  • 1Non chiffrable

Risque économique élevé pour 2 positions sur 7.

Positions par parti

Comment lire les tampons et les jauges
  • Réalisablefaisable dans le cadre légal actuel
  • Sous conditionsréforme ou vote budgétaire difficile
  • Incompatiblecontraire à un texte UE ou déjà censuré
  • Non chiffrabledonnées insuffisantes pour trancher
  • Faible (risque économique)coût limité ou financement crédible
  • Modéré (risque économique)coût significatif, partiellement chiffré
  • Élevé (risque économique)coût très important ou non financé

Ces deux indicateurs sont établis à partir des seuls faits sourcés dans la fiche (contraintes budgétaires, textes européens, fact-checking). Ce ne sont pas des jugements de valeur sur les partis.

RN

ISF / patrimoine
Refuse le rétablissement
Taxe Zucman (2%, >100M€)
Contre (88 votes)
Flat tax
Pas de suppression
Succession
Sortir résidence principale de l'assiette jusqu'à 300 000€
Objectif dette/déficit
~20 Md€/an d'économies visées
Incompatible
Risque économiqueÉlevé (risque économique)

Reconquête

ISF / patrimoine
Pas de rétablissement
Taxe Zucman (2%, >100M€)
Aucune position officielle
Flat tax
Ne veut pas revenir dessus
Succession
Suppression droits succession entreprises familiales
Objectif dette/déficit
Non chiffré
Non chiffrable
Risque économiqueFaible (risque économique)

PS

ISF / patrimoine
« Nouvel ISF » ciblé (non retenu)
Taxe Zucman (2%, >100M€)
Pour (version alternative 3%/10M€ rejetée)
Flat tax
Non précisé
Succession
Non détaillé
Objectif dette/déficit
Non chiffré
Sous conditions
Risque économiqueFaible (risque économique)

LR

ISF / patrimoine
Pas de position détaillée
Taxe Zucman (2%, >100M€)
Contre (28 votes)
Flat tax
Non documenté
Succession
Triplement abattements proposé
Objectif dette/déficit
Dette 127% PIB en 2030 (simulation France Budget)
Sous conditions
Risque économiqueModéré (risque économique)

Bloc central

ISF / patrimoine
Refuse le retour de l'ISF
Taxe Zucman (2%, >100M€)
Contre (99 votes)
Flat tax
Maintien PFU 31,4%
Succession
Pas de réforme majeure
Objectif dette/déficit
Déficit sous 3% en 2029 (engagement UE)
Réalisable
Risque économiqueFaible (risque économique)

LFI/NFP

ISF / patrimoine
Rétablir et renforcer, volet climatique
Taxe Zucman (2%, >100M€)
Pour (60 votes)
Flat tax
Suppression demandée
Succession
Plafond d'héritage à 12M€ évoqué
Objectif dette/déficit
Programme chiffré par l'iFRAP à +160 Md€/an (contesté)
Sous conditions
Risque économiqueÉlevé (risque économique)

EELV

ISF / patrimoine
Fiscalité grande fortune + 2 tranches (>4M€, >13M€)
Taxe Zucman (2%, >100M€)
Pour (33 votes)
Flat tax
Non documenté
Succession
Non documenté
Objectif dette/déficit
TVA verte
Sous conditions
Risque économiqueFaible (risque économique)

Le dossier complet

Vote taxe Zucman (31/10/2025, 172 pour/228 contre) : Pour = Écologiste (33), GDR (12), LFI-NFP (60), Socialistes (61). Contre = MoDem (18), LR (28), Horizons (21), RN (88), Renaissance (60). Datan

2. Contraintes budgétaires françaises chiffrées

  • Déficit public 2025 : 5,1% du PIB (152,5 Md€) ; dette fin 2025 : 115,6% du PIB (~3 460,5 Md€). INSEE
  • Dette fin juin 2026 : 3 595,5 Md€, soit 119 % du PIB (Insee, comptes trimestriels). INSEE
  • PLF 2027 (présenté le 1er octobre 2026) : effort de 54 Md€, dont 43 Md€ de mesures nouvelles ; déficit ramené de 5,4 % (2026) à 5,0 % du PIB (2027) ; dette portée de 119,3 % à 121,7 % du PIB ; hypothèse de croissance de 1 %. Pas de hausse de l'impôt sur le revenu, gel du point d'indice et des APL, hausse des taxes sur les autoroutes et aéroports (~800 M€), contribution exceptionnelle des grandes entreprises réduite de 30 %. Taux d'emprunt à 10 ans autour de 4,9 %, au plus haut depuis 2002. — Euronews ; Toute l'Europe
  • Examen parlementaire : la commission des finances de l'Assemblée a rejeté la première partie le 9 octobre 2026 ; le débat en séance a commencé le 13 octobre. Sans majorité absolue, l'adoption passe probablement par le 49.3, les ordonnances (après 70 jours sans vote) ou une loi spéciale ; les travaux de l'Assemblée s'interrompent fin février 2027 pour la présidentielle.
  • Plan LR (12 octobre 2026) : Bruno Retailleau propose 197 Md€ d'économies d'ici 2032 (État 96 Md€, dont 56 Md€ sur les agences ; sphère sociale 91 Md€ ; collectivités 10 Md€) pour revenir sous 3 % de déficit en 2031, sans hausse d'impôts. Chiffrage du parti, non évalué à ce stade par un organisme indépendant.
  • Cour des comptes (19/02/2026) : charge de la dette 65,7 Md€ (2025) → ~74 Md€ (2026). Ratio dette/PIB attendu alors à 117,9 % en 2026 (dépassé : 119,0 % au 2e trimestre 2026 selon l'Insee, 119,3 % fin 2026 dans le PLF 2027 — Insee, 29/09/2026). La France a le déficit le plus élevé de la zone euro. Objectif gouvernemental 5,0% jugé « fragile ».
  • HCFP (avis sur le PLF 2027) : hypothèse de croissance de 1 % jugée « optimiste », prévisions entourées de nombreuses « incertitudes » (la Banque de France table sur 0,9 %, l'OFCE sur 0,7 %). L'objectif initial pour 2026 ne sera pas tenu : 5,4 % de déficit attendus.
  • Risque de franchissement du seuil de 120% du PIB si croissance faible/taux élevés (Institut Avant-Garde, modèle Commission européenne). France = seule économie du G7 à ne pas avoir réduit son ratio d'endettement 2021-2024.

3. Obligations européennes précises

  • Pacte de stabilité et de croissance réformé : applicable depuis le 30/04/2024. Ancres inchangées : déficit <3% PIB, dette tendant vers <60% PIB. Plan budgétaire-structurel à moyen terme (PSMT) par État.
  • Procédure de déficit excessif contre la France : ouverte 26/07/2024 (déficit 2023: 5,5%, dette 2023: 110,6%). Trajectoire corrective fixée le 21/01/2025 : retour sous 3% visé pour 2029, objectif intermédiaire 4,6% en 2026. Sanctions théoriques jusqu'à 0,05% PIB/6 mois (jamais appliquées historiquement).
  • Semestre européen 2025-2026 : recommandations de respecter le plafond de dépenses nettes, poursuivre l'assainissement, renforcer les dépenses de défense.

4. Fact-checking sur les chiffrages contestés

  • Taxe Zucman : chiffrage Zucman ~20 Md€/an ; sept économistes (Aghion, Lévy, Taugourdeau) estiment plutôt ~5 Md€ (double imposition, effets comportementaux). Étude "Trop c'est trop" évalue un coût net de 10-20 Md€. Question de constitutionnalité soulevée (taxation de plus-values non réalisées).
  • Chiffrages iFRAP (think tank libéral, source engagée) : NFP à +215 Md€/an ; RN à +100 Md€ net (creusant le déficit de 9 pts de PIB) — mesure TVA carburants 5,5% jugée incompatible avec le droit européen (directive TVA UE encadre les taux réduits sur l'énergie fossile) ; Renaissance : chiffrage plus modeste (réduction déficit de 4 Md€ en 2027).
  • Note de neutralité : iFRAP (libéral) et Fondation Jean-Jaurès (social-démocrate) sont des think tanks engagés, pas des organismes neutres comme la Cour des comptes/HCFP — à présenter comme évaluations partisanes contradictoires. Aucun article Décodeurs/CheckNews/AFP Factuel trouvé sur ces chiffrages pour 2026-2027.
  • Simulateur France Budget : LFI → dette ~136% PIB, déficit -7,4% (2030) ; LR → dette ~127%, déficit -3,7%. Méthodologie non vérifiée en détail.