Note méthodologique : mise à jour du 16 octobre 2026, les principaux candidats sont déclarés (voir « Qui est candidat ? » sur la page d'accueil), mais aucun n'a encore publié de programme 2027 complet (celui de La France insoumise est annoncé pour les 6 et 7 novembre 2026) et Raphaël Glucksmann (Place publique) a été désigné candidat de la gauche sociale-démocrate dès le premier tour de la primaire « Choisir 2027 » (11 octobre 2026). Positions basées sur programmes 2022, projets récents (LR/Retailleau, PS, EELV/Tondelier), votes 2023-2026.
Régalien · Intérieur, Justice, Armées
Sécurité / Justice
Ce que promettent les programmes
7 positions comparées.
- RN
- LFI/NFP
- PS
- Bloc central
- LR (Retailleau)
- EELV (Tondelier)
- Reconquête
Ce que permet la réalité
- 2Réalisable
- 2Sous conditions
- 2Incompatible
- 1Non chiffrable
Risque économique élevé pour 2 positions sur 7.
Positions par parti
Comment lire les tampons et les jauges
- Réalisablefaisable dans le cadre légal actuel
- Sous conditionsréforme ou vote budgétaire difficile
- Incompatiblecontraire à un texte UE ou déjà censuré
- Non chiffrabledonnées insuffisantes pour trancher
- Faible (risque économique)coût limité ou financement crédible
- Modéré (risque économique)coût significatif, partiellement chiffré
- Élevé (risque économique)coût très important ou non financé
Ces deux indicateurs sont établis à partir des seuls faits sourcés dans la fiche (contraintes budgétaires, textes européens, fact-checking). Ce ne sont pas des jugements de valeur sur les partis.
LR (Retailleau)
- Effectifs
- +5Md€ modernisation, police municipale armée obligatoire >5000 hab.
- Peines plancher/durcissement
- Abrogation loi Belloubet, peines planchers, suppression JAP
- Justice mineurs
- Durcissement via référendum
- Places prison
- 10-20 000 places (chiffres variables)
- Vidéosurveillance
- Favorable, acteur principal de l'extension
Incompatible
Risque économiqueÉlevé (risque économique)PS
- Effectifs
- Police « service public », formation renforcée
- Peines plancher/durcissement
- Non centré sur durcissement
- Justice mineurs
- Coordination éducation/justice/prévention
- Places prison
- Non détaillé
- Vidéosurveillance
- Non détaillé
Non chiffrable
Risque économiqueFaible (risque économique)Bloc central
- Effectifs
- LOPMI 2023-2027 : +3872 police/+3540 gendarmerie (exécution en retard, gel 2025)
- Peines plancher/durcissement
- Loi narcotrafic 2025
- Justice mineurs
- Fév 2026 : Nuñez/Darmanin pour suppression excuse de minorité (obstacle constit. reconnu)
- Places prison
- Non chiffré
- Vidéosurveillance
- Extension VSA votée (loi RIPOST, 21/07/2026) jusqu'en 2030
Sous conditions
Risque économiqueFaible (risque économique)LFI/NFP
- Effectifs
- Retour police de proximité, dissolution BAC/BRAV-M
- Peines plancher/durcissement
- Opposée aux peines plancher
- Justice mineurs
- Défense du CJPM, pas de durcissement
- Places prison
- Non détaillé
- Vidéosurveillance
- Opposition ferme à la VSA
Réalisable
Risque économiqueFaible (risque économique)EELV (Tondelier)
- Effectifs
- Recrutements ciblés, fin « politique du chiffre »
- Peines plancher/durcissement
- Opposée à la logique répressive
- Justice mineurs
- Justice comme rempart contre inégalités
- Places prison
- Non détaillé
- Vidéosurveillance
- Opposée, instance indépendante pour violences policières
Réalisable
Risque économiqueFaible (risque économique)Reconquête
- Effectifs
- 3000 magistrats/3000 greffiers
- Peines plancher/durcissement
- Peines plancher, perpétuité réelle
- Justice mineurs
- Majorité pénale à 16 ans
- Places prison
- 10 000 places (2022)
- Vidéosurveillance
- Incompatible avec interdiction reconnaissance faciale
Incompatible
Risque économiqueModéré (risque économique)RN
- Effectifs
- Créations postes, police municipale obligatoire >10 000 hab.
- Peines plancher/durcissement
- Peines plancher, suppression réductions auto, perpétuité réelle
- Justice mineurs
- Majorité pénale à 16 ans, excuse minorité dès 13 ans
- Places prison
- 85 000 places d'ici 2027
- Vidéosurveillance
- Pas de position détaillée trouvée
Sous conditions
Risque économiqueÉlevé (risque économique)Faites glisser le tableau vers la droite pour voir toutes les colonnes →
| Parti | Effectifs | Peines plancher/durcissement | Justice mineurs | Places prison | Vidéosurveillance | Réalisable | Risque économique |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| RN | Créations postes, police municipale obligatoire >10 000 hab. | Peines plancher, suppression réductions auto, perpétuité réelle | Majorité pénale à 16 ans, excuse minorité dès 13 ans | 85 000 places d'ici 2027 | Pas de position détaillée trouvée | Sous conditions | Élevé (risque économique) |
| LFI/NFP | Retour police de proximité, dissolution BAC/BRAV-M | Opposée aux peines plancher | Défense du CJPM, pas de durcissement | Non détaillé | Opposition ferme à la VSA | Réalisable | Faible (risque économique) |
| PS | Police « service public », formation renforcée | Non centré sur durcissement | Coordination éducation/justice/prévention | Non détaillé | Non détaillé | Non chiffrable | Faible (risque économique) |
| Bloc central | LOPMI 2023-2027 : +3872 police/+3540 gendarmerie (exécution en retard, gel 2025) | Loi narcotrafic 2025 | Fév 2026 : Nuñez/Darmanin pour suppression excuse de minorité (obstacle constit. reconnu) | Non chiffré | Extension VSA votée (loi RIPOST, 21/07/2026) jusqu'en 2030 | Sous conditions | Faible (risque économique) |
| LR (Retailleau) | +5Md€ modernisation, police municipale armée obligatoire >5000 hab. | Abrogation loi Belloubet, peines planchers, suppression JAP | Durcissement via référendum | 10-20 000 places (chiffres variables) | Favorable, acteur principal de l'extension | Incompatible | Élevé (risque économique) |
| EELV (Tondelier) | Recrutements ciblés, fin « politique du chiffre » | Opposée à la logique répressive | Justice comme rempart contre inégalités | Non détaillé | Opposée, instance indépendante pour violences policières | Réalisable | Faible (risque économique) |
| Reconquête | 3000 magistrats/3000 greffiers | Peines plancher, perpétuité réelle | Majorité pénale à 16 ans | 10 000 places (2022) | Incompatible avec interdiction reconnaissance faciale | Incompatible | Modéré (risque économique) |
Le dossier complet
2. Contraintes juridiques françaises
- Décision n°2002-461 DC (29/08/2002) : PFRLR d'atténuation de la responsabilité pénale des mineurs selon l'âge. Conséquence directe : abaisser la majorité pénale à 16 ans ou supprimer l'excuse de minorité (position Nuñez/Darmanin, fév. 2026) nécessite une révision constitutionnelle (3/5e Congrès) — Darmanin lui-même reconnaît ne pas avoir les moyens politiques de la faire.
- Décisions n°2011-162/163 QPC (16/09/2011) : principe d'individualisation des peines (art.8 DDHC 1789) — encadre strictement toute automaticité (peines plancher, doublement automatique).
- Décision n°2021-817 DC (20/05/2021, sécurité globale) : censure de l'usage de drones et caméras embarquées, atteinte disproportionnée à la vie privée.
- 24/04/2025 : censure de la prolongation de la VSA jusqu'en 2027 par amendement.
- Décision n° 2026-915 DC (14/08/2026, loi RIPOST) : loi validée pour l'essentiel ; 7 dispositions censurées sur le fond (dont l'interdiction des voitures puissantes aux jeunes conducteurs), 5 cavaliers législatifs, plusieurs réserves d'interprétation. La vidéoprotection algorithmique est prolongée jusqu'au 31/12/2030 et étendue à des bâtiments exposés à des risques graves, avec une réserve (autorisation de trois mois au plus, renouvelable). Loi promulguée le 18/08/2026. — Ministère de l'Intérieur
- Décision n° 2025-886 DC (19/06/2025, justice des mineurs) : censure de l'article qui écartait par principe l'atténuation de peine pour les mineurs de plus de 16 ans (« excuse de minorité ») et de la comparution immédiate pour mineurs, au nom du principe fondamental de la justice des mineurs. — Conseil constitutionnel
- Décision n°2025-885 DC (12/06/2025, loi narcotrafic) : censure de 6 articles sur 38, dont le « dossier-coffre » (atteinte aux droits de la défense).
3. Contraintes UE et internationales — bien distinguer UE et Conseil de l'Europe
L'UE et le Conseil de l'Europe sont deux organisations distinctes. La CEDH relève du Conseil de l'Europe (46 États), pas de l'UE. L'UE elle-même n'est pas partie à la CEDH (avis CJUE 2/13, 2014).
- CEDH, arrêt J.M.B. et autres c. France (30/01/2020) : 9e condamnation de la France pour surpopulation carcérale (jusqu'à 213,7% d'occupation) — pèse directement sur tout durcissement pénal augmentant le nombre de détenus.
- Mandat d'arrêt européen (décision-cadre 2002/584/JAI) : relève de l'UE, remplace l'extradition classique entre États membres.
- Point clé pour la neutralité : aucune des mesures les plus dures (peines plancher, VSA généralisée) n'est interdite par le droit de l'UE ; les limites viennent du droit constitutionnel français et de la CEDH (Conseil de l'Europe), pas de « Bruxelles ».
4. Fact-checking
- AFP Factuel/DE FACTO (06/05/2024) : les chiffres du ministère de l'Intérieur confondent souvent « étrangers » et « immigrés », et « mis en cause » et condamnés. Études (retirant les biais) concluent à une absence d'impact causal démontré de l'immigration sur la délinquance.
- Peines plancher (IPP) : ont augmenté la sévérité (+50% peines prison récidivistes) mais sans effet démontré sur la récidive.
- Cour des comptes (04/03/2025) : bracelet électronique réduit la récidive à 5 ans de 13,5 points vs prison ferme ; TIG a un taux de récidive proche de 60% (comparable à l'incarcération).
- VSA (rapport JO 2024) : bilan mitigé, échoue sur la détection d'armes et mouvements de foule.