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Social & Solidarités · Travail, Santé, Logement, Solidarités

Retraites

Avertissement méthodologique : mise à jour du 16 octobre 2026, les principaux candidats sont déclarés (voir « Qui est candidat ? » sur la page d'accueil), mais aucun n'a encore publié de programme 2027 complet (celui de La France insoumise est annoncé pour les 6 et 7 novembre 2026) et Raphaël Glucksmann (Place publique) a été désigné candidat de la gauche sociale-démocrate dès le premier tour de la primaire « Choisir 2027 » (11 octobre 2026). Les positions ci-dessous sont reconstituées à partir des programmes 2022/2024 mis à jour, déclarations officielles récentes et votes à l'Assemblée nationale jusqu'en août 2026.

Ce que promettent les programmes

9 positions comparées.

  • RN
  • LFI / NFP
  • PS
  • Renaissance/Ensemble
  • Horizons
  • MoDem
  • LR
  • EELV/Écologistes
  • Reconquête

Ce que permet la réalité

  • 2Réalisable
  • 4Sous conditions
  • 3Non chiffrable

Risque économique élevé pour 2 positions sur 9.

Positions par parti

Comment lire les tampons et les jauges
  • Réalisablefaisable dans le cadre légal actuel
  • Sous conditionsréforme ou vote budgétaire difficile
  • Incompatiblecontraire à un texte UE ou déjà censuré
  • Non chiffrabledonnées insuffisantes pour trancher
  • Faible (risque économique)coût limité ou financement crédible
  • Modéré (risque économique)coût significatif, partiellement chiffré
  • Élevé (risque économique)coût très important ou non financé

Ces deux indicateurs sont établis à partir des seuls faits sourcés dans la fiche (contraintes budgétaires, textes européens, fact-checking). Ce ne sont pas des jugements de valeur sur les partis.

LFI / NFP

Position résumée
Retour à 60 ans à taux plein, abrogation totale de la réforme 2023
Mesures chiffrées
40 annuités (160 trimestres) ; pension minimum = SMIC ; +0,25 pt/an cotisation vieillesse ; taxation capital ; RSA validant trimestres
Sous conditions
Risque économiqueModéré (risque économique)

Sources : programme LFI ; Institut Montaigne NUPES 2022

Renaissance/Ensemble

Position résumée
Maintien/durcissement de la réforme 2023 ; Attal veut dépasser la notion d'âge légal
Mesures chiffrées
Allongement progressif à 65 ans (carrières longues, invalidité pris en compte) ; « vraies décotes et surcotes »
Sous conditions
Risque économiqueFaible (risque économique)

Sources : tous-les-programmes.fr ; LCP, 19/06/2026

MoDem

Position résumée
Soutien à la ligne gouvernementale : suspension temporaire, pas d'abrogation
Mesures chiffrées
Suspension de la réforme 2023 (LFSS 2026, loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, art. 105) pour les départs du 1/9/2026 au 1/1/2028 : 62 ans 9 mois et 170 trimestres pour les générations 1964 à mars 1965, puis reprise de la hausse jusqu'à 64 ans (génération 1969). Coût estimé par le COR : ~1,8 Md€/an en moyenne jusqu'en 2032
Réalisable
Risque économiqueFaible (risque économique)

Sources : info.gouv.fr ; Touteleurope.eu

EELV/Écologistes

Position résumée
Abrogation des 64 ans, retour immédiat à 62 ans, objectif 60 ans (formulation ambiguë en interne)
Mesures chiffrées
Retour à 62 ans immédiat, cap 60 ans annoncé sans détail de financement/cotisation
Non chiffrable
Risque économiqueÉlevé (risque économique)

Sources : Institut Montaigne NUPES 2022 ; Clémence Guetté, 18/07/2026

RN

Position résumée
Pas d'âge unique affiché ; privilégie la durée de cotisation, opposé aux 64 ans
Mesures chiffrées
42 annuités proposées (vs 43 actuel) ; départ dès 60 ans si entrée à 17-20 ans, 60-62 ans si entrée 20-21 ans. Financement non précisé
Non chiffrable
Risque économiqueÉlevé (risque économique)

Sources : Yahoo Finance, 21/08/2026

PS

Position résumée
Abrogation réforme Borne, retour à 62 ans, conserve réforme Touraine 2014
Mesures chiffrées
43 ans de cotisation modulables selon pénibilité ; financement via taxe Zucman (2%, fortunes >100M€), hausse cotisations hauts salaires
Sous conditions
Risque économiqueModéré (risque économique)

Sources : LCP, 19/06/2026 ; Public Sénat

LR

Position résumée
Historiquement divisé ; ligne Retailleau (président depuis mai 2025) : durcissement à 65 ans
Mesures chiffrées
65 ans (position Retailleau, 2026) ; en 2022-23 : de 62 ans (Pradié) à 65 ans (Copé), compromis Ciotti (63 ans/2027, 64/2032) jamais consolidé
Réalisable
Risque économiqueFaible (risque économique)

Sources : LCP, 19/06/2026 ; Public Sénat, 21/12/2022

Reconquête

Position résumée
Position 2022 non reconfirmée : alignement progressif à 64 ans
Mesures chiffrées
Hausse progressive à 64 ans d'ici 2030, alignement public/privé, bonus-malus seniors. Capitalisation non mentionnée dans les sources trouvées
Non chiffrable
Risque économiqueFaible (risque économique)

Sources : Institut Montaigne, 2022 — ancienneté : 2022, non confirmée récemment

Horizons

Position résumée
Réforme structurelle avec dose de capitalisation, via référendum
Mesures chiffrées
Âge légal 65 (66-67 évoqués) ; capitalisation à 15% en complément de la répartition
Sous conditions
Risque économiqueModéré (risque économique)

Sources : ÉlyséeScope ; LCP, 19/06/2026

Le dossier complet

Notes détaillées par parti

Rassemblement National (RN)

  • Position historique : opposition frontale à la réforme Borne (64 ans). La motion de censure RN de février 2023 n'a recueilli que 94 voix (88 RN + N. Dupont-Aignan + 3 LR) — rejetée. LCP ; Assemblée nationale.
  • Lors du vote-résolution symbolique du 5 juin 2025 demandant l'abrogation des 64 ans, adopté 198 voix contre 35 avec le soutien conjoint de la gauche et du RN — sans valeur contraignante. France24, 05/06/2025.
  • Position 2027 en construction (article du 21/08/2026, très récent) : le RN évoque désormais « 42 annuités » de cotisation plutôt qu'un âge cible unique, misant sur une entrée précoce dans la vie active (dès 23-24 ans). Financement non détaillé. Jordan Bardella relativiserait même la pertinence de l'âge légal selon LCP. Position en évolution, à confirmer dans le programme (candidature déclarée le 7 juillet 2026).

LFI et alliés NFP

  • Position constante depuis 2022 : retour à 60 ans à taux plein pour 40 annuités (160 trimestres), suppression de la décote, pension minimum = SMIC pour carrière complète, indexation des pensions sur les salaires. Financement : +0,25 pt/an de cotisation vieillesse sur le quinquennat, mise à contribution des revenus financiers des entreprises et du capital.
  • Juillet 2024 : le NFP dépose une proposition de loi d'abrogation ; Mélenchon évoque une abrogation par décret « dès cet été », contestée par des juristes (une loi serait nécessaire) — Olivier Faure (PS) privilégiait un projet de loi. Public Sénat, 09/07/2024.
  • Automne 2024 : proposition de loi LFI d'abrogation approuvée en commission, mais vote en séance empêché par le gouvernement (prolongation des débats jusqu'à minuit). Maire-info ; franceinfo.

Parti Socialiste (PS)

  • Abroger la réforme Borne 2023, revenir à 62 ans, conserver la réforme Touraine 2014 (43 ans de cotisation), modulée selon pénibilité et carrières hachées.
  • Financement : hausse ciblée des cotisations hauts salaires, suppression de niches sociales, taxation des dividendes, reprise récente de la taxe Zucman (2% sur patrimoines >100M€).
  • Contre-projet budgétaire « L'autre chemin » : retraite à 62 ans, +900€/an pour bas salaires, économies budgétaires réduites à 21Md€. Public Sénat.
  • Note : accès direct limité au site parti-socialiste.fr lors de la consultation (403 / contenu non détaillé) ; informations recoupées via LCP et Public Sénat.

Bloc central (Renaissance/Ensemble, Horizons, MoDem)

  • Renaissance : porteur de la réforme 2023, ne reviendra pas dessus. Programme de base : allongement progressif à 65 ans. Gabriel Attal (2026, LCP) veut sortir du débat sur l'âge légal au profit de la seule durée de cotisation, avec de « vraies décotes et surcotes ».
  • Horizons (Édouard Philippe) : ligne la plus dure sur l'âge (65, 66-67 ans évoqués), seul parti à proposer une dose de capitalisation obligatoire/collective (15%) en complément de la répartition, via référendum, plus une « règle d'or budgétaire ». ÉlyséeScope.
  • MoDem : soutien à la ligne Bayrou. Le « conclave » retraites (4 mois de négociations sociales, 2025) s'est soldé sans accord global mais avec des « convergences » selon Bayrou. Résultat concret : suspension temporaire (non abrogation) de la réforme 2023, votée sans 49.3 dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 105). Pour les pensions prenant effet entre le 1er septembre 2026 et le 1er janvier 2028, l'âge et la durée sont gelés : 62 ans 9 mois et 170 trimestres pour les générations 1964 à mars 1965 ; la hausse reprend ensuite (63 ans et 171 trimestres d'avril à décembre 1965, 63 ans 3 mois en 1966, 63 ans 6 mois en 1967, 63 ans 9 mois en 1968, 64 ans à partir de 1969). Coût estimé par le COR (modèle de la Drees) : environ 1,8 Md€ par an en moyenne jusqu'en 2032. info.gouv.fr ; Touteleurope.eu.

Les Républicains (LR)

  • Division historique documentée (déc. 2022-jan. 2023) : Bruno Retailleau (alors chef de file au Sénat) exigeait « au moins 64 ans » ; Aurélien Pradié militait pour un maintien à 62 ans (exclu de la vice-présidence pour son vote contre le texte) ; Éric Ciotti (alors président LR) proposait un compromis 63 ans (2027) / 64 ans (2032), jugé insuffisant par l'aile droite (J.-F. Copé exigeait 65 ans). Public Sénat, 21/12/2022.
  • Éric Ciotti a quitté LR en 2024 (alliance avec le RN). Bruno Retailleau est président de LR depuis mai 2025.
  • Position actuelle rapportée (LCP, 19/06/2026, récente) : Retailleau porte une ligne de durcissement à 65 ans. LCP.

EELV / Les Écologistes

  • 2022 (cadre NUPES) : retour à 60 ans à taux plein, 40 annuités (160 trimestres), suppression de la décote.
  • 2024-2026 : programme actualisé prévoyant d'abroger les 64 ans pour revenir immédiatement à 62 ans, avec un objectif ultérieur de 60 ans, prioritairement pour carrières précoces/pénibles. Ambiguïté relevée par la source elle-même (Clémence Guetté, députée) : le texte ne tranche pas entre 60 ans pour tous ou seulement pour carrières longues/pénibles. Financement et durée de cotisation non détaillés dans les sources disponibles. clemenceguette.fr, 18/07/2026.

Reconquête

  • Seule source fiable trouvée : programme présidentiel 2022 d'Éric Zemmour — hausse progressive à 64 ans d'ici 2030, alignement des régimes public/privé, bonus-malus seniors. Institut Montaigne, 2022.
  • Aucune position chiffrée et sourcée pour 2025/2026 identifiée (le site officiel du programme est protégé par authentification, empêchant l'accès direct à la page retraites). À traiter comme information datée de 2022, non reconfirmée.
  • Marion Maréchal a quitté Reconquête en juin 2024 (exclusion) pour fonder Identité-Libertés (oct. 2024) ; aucune position retraites récente de sa part trouvée non plus.

Contexte financier (octobre 2026)

  • COR, rapport annuel de juin 2026 : dépenses de retraite de 422 Md€, soit 14,1 % du PIB ; déficit du système de 5,1 Md€ en 2025, 6,8 Md€ attendus en 2030, puis -0,9 point de PIB en 2045 et -2,4 points en 2070 (scénario central). — COR
  • PLFSS et PLF 2027 (présentés le 1er octobre 2026, en discussion au Parlement) : revalorisation des pensions en 2027 complète sous 1 260 € par mois, partielle entre 1 260 € et 2 000 €, nulle au-delà ; plafond de l'abattement fiscal de 10 % des retraités ramené de 4 439 € à 3 000 € par foyer (mesure supprimée par l'Assemblée en séance le 15 octobre 2026, 116 voix contre 30, contre l'avis du gouvernement ; le Sénat peut la rétablir). Effort demandé aux retraités dans le projet initial : environ 5,5 Md€, dont 1,4 Md€ pour l'abattement. Ces mesures ne sont pas adoptées. — franceinfo, 15/10/2026 — Toute l'Europe