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Écologie & Agriculture · Transition écologique, Agriculture

Agriculture / PAC

Avertissement méthodologique : mise à jour du 16 octobre 2026, les principaux candidats sont déclarés (voir « Qui est candidat ? » sur la page d'accueil), mais aucun n'a encore publié de programme 2027 complet (celui de La France insoumise est annoncé pour les 6 et 7 novembre 2026) et Raphaël Glucksmann (Place publique) a été désigné candidat de la gauche sociale-démocrate dès le premier tour de la primaire « Choisir 2027 » (11 octobre 2026). Les positions ci-dessous sont reconstituées à partir des programmes 2022/2024 (législatives, européennes) mis à jour par les votes parlementaires et déclarations les plus récentes (jusqu'à 2026), notamment autour des mobilisations agricoles 2024-2025, de la loi Duplomb et de la signature de l'accord UE-Mercosur (janvier 2026). Toute position non confirmée pour 2027 est signalée [DATÉ].

Ce que promettent les programmes

7 positions comparées.

  • RN
  • LFI / NFP
  • PS
  • Bloc central (Renaissance/Ensemble, Horizons, MoDem)
  • LR
  • EELV/Les Écologistes
  • Reconquête

Ce que permet la réalité

  • 3Sous conditions
  • 4Incompatible

Risque économique élevé pour 2 positions sur 7.

Positions par parti

Comment lire les tampons et les jauges
  • Réalisablefaisable dans le cadre légal actuel
  • Sous conditionsréforme ou vote budgétaire difficile
  • Incompatiblecontraire à un texte UE ou déjà censuré
  • Non chiffrabledonnées insuffisantes pour trancher
  • Faible (risque économique)coût limité ou financement crédible
  • Modéré (risque économique)coût significatif, partiellement chiffré
  • Élevé (risque économique)coût très important ou non financé

Ces deux indicateurs sont établis à partir des seuls faits sourcés dans la fiche (contraintes budgétaires, textes européens, fact-checking). Ce ne sont pas des jugements de valeur sur les partis.

EELV/Les Écologistes

Aides agricoles / revenu
Réintroduction d'une régulation des prix pour un revenu décent ; réorientation des aides vers l'emploi plutôt que l'hectare
Normes environnementales
Réduction de 50% des pesticides et engrais de synthèse d'ici 2030 (objectif européen porté) ; a voté contre la loi Duplomb
Accord Mercosur
Opposition totale à l'accord
Incompatible
Risque économiqueModéré (risque économique)

Sources : Touteleurope – programme Écologistes 2024 ; EELV – PAC et transition agroécologique

RN

Aides agricoles / revenu
Complément d'aides nationales à la PAC (les règles européennes étant fixées jusqu'en 2027), loi « Mangeons Français » pour prioriser les producteurs français dans la commande publique. Vote pour la loi Duplomb (réintroduction dérogatoire de néonicotinoïdes, méga-bassines) en 2025. [DATÉ 2022/2025]
Normes environnementales
Favorable à un allègement des normes ; a voté la loi Duplomb
Accord Mercosur
Opposition déclarée : Le Pen et Bardella disent refuser la ratification
Incompatible
Risque économiqueÉlevé (risque économique)

Sources : RN – communiqué PAC ; Datan – vote loi Duplomb

Bloc central (Renaissance/Ensemble, Horizons, MoDem)

Aides agricoles / revenu
Programme Macron 2022 axé sur financements privés (paiement carbone), aide à l'installation (prêt jusqu'à 50 000€), rémunération des services environnementaux (~200 M€/an dans la PAC). Vote gouvernemental pour la loi Duplomb
Normes environnementales
Révision demandée de la stratégie « Farm to Fork » depuis 2022 ; soutien à la loi Duplomb (EPR, DEM, HOR ont voté pour)
Accord Mercosur
Position gouvernementale déclarée « inacceptable » en l'état par le ministre délégué B. Haddad (nov. 2025), mais la France n'a pas réussi à constituer une minorité de blocage ; accord signé le 17/01/2026
Sous conditions
Risque économiqueFaible (risque économique)

Sources : Réussir – programme Macron 2022 ; Public Sénat – Haddad sur Mercosur

LR

Aides agricoles / revenu
Hausse du budget PAC/PCP « tenant compte de l'inflation » ; clauses miroirs systématiques dans les accords commerciaux
Normes environnementales
Recul demandé sur « Farm to Fork » ; taxe carbone aux frontières ; a voté pour la loi Duplomb (groupe DR)
Accord Mercosur
Rejet de l'accord « en l'état » (absence de clauses miroirs suffisantes selon LR), demande d'un vote parlementaire
Sous conditions
Risque économiqueModéré (risque économique)

Sources : Touteleurope – programme LR européennes 2024 ; Agri-Mutuel – LR et vote Mercosur

Reconquête

Aides agricoles / revenu
Moratoire sur tout nouvel accord de libre-échange ; interdiction d'importer des produits ne respectant pas les normes de production françaises
Normes environnementales
Réduction des normes/charges pesant sur les agriculteurs français, tout en excluant les produits importés non conformes
Accord Mercosur
Qualifié de « catastrophique » par Zemmour ; moratoire promis
Incompatible
Risque économiqueModéré (risque économique)

Sources : Reconquête – programme Européennes 2024 (PDF) ; Sud Radio – Zemmour sur Mercosur

PS

Aides agricoles / revenu
Recentrage des aides PAC vers l'emploi agricole plutôt que la surface : plafonnement à 100 000€/ha, dégressivité, ciblage jeunes agriculteurs et zones défavorisées ; refus de toute renationalisation de la PAC
Normes environnementales
Redirection de 1,6 Md€ d'aides PAC vers des pratiques agro-environnementales ; a voté contre la loi Duplomb
Accord Mercosur
Opposition à l'accord en l'état (position PS/PSE constante) [DATÉ]
Sous conditions
Risque économiqueFaible (risque économique)

Sources : Parti Socialiste – programme agricole ; Réussir – projet PS agriculture

LFI / NFP

Aides agricoles / revenu
Protectionnisme « écologique et solidaire », prix planchers, sortie des accords de libre-échange déjà négociés par l'UE
Normes environnementales
Objectif 100% bio en 2050 (positions européennes 2024), agriculture paysanne à taille humaine
Accord Mercosur
Opposition totale, sortie des négociations et des accords déjà conclus. A voté contre la loi Duplomb
Incompatible
Risque économiqueÉlevé (risque économique)

Sources : Programme LFI – Agriculture et alimentation ; Réussir – LFI 100% bio 2050

Le dossier complet

Note sur la loi Duplomb : adoptée en 2025 grâce aux votes des groupes EPR/DEM/HOR (bloc central), LR (DR), RN et UDR/LIOT ; rejetée par PS, PCF, Écologistes et LFI. Le volet sur la réintroduction dérogatoire de l'acétamipride (néonicotinoïde) a fait l'objet d'une censure partielle, d'où une nouvelle proposition de loi redéposée au Sénat en 2026 — ce dossier reste donc évolutif. Source : Wikipédia – Loi Duplomb ; Datan – détail du vote ; Public Sénat – nouvelle loi Duplomb.

2. Contraintes budgétaires françaises

  • Budget national 2025 : la mission « Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales » (AAFAR) s'élève à 4,6 Md€ en autorisations d'engagement pour 2025, contre 5,3 Md€ en 2024, soit une baisse de ~700 M€ (-13,2%). Répartition : Programme 149 (compétitivité agricole) 2,51 Md€ ; Programme 206 (sécurité sanitaire) 926,9 M€ ; Programme 215 (pilotage) 732 M€ ; Programme 381 (allègements coût du travail saisonnier) 448,5 M€. Source : Sénat — Rapport PLF 2025, Agriculture.
  • Sous-budgétisation chronique des crises : les rapporteurs budgétaires relèvent que la ligne « gestion des crises » (action 22 du programme 149) est dotée de 304 M€ mais que « l'exécution excède de nouveau ce montant », un constat récurrent que la Cour des comptes attribue à la non-budgétisation initiale des aides de crise. Source : Sénat — Rapport PLF 2025 ; Assemblée nationale — Commission des finances.
  • Revenu agricole : selon des données citées par la Direction générale du Trésor, les revenus agricoles sont très dispersés et une part significative des exploitants perçoit des revenus inférieurs au SMIC — chiffre à manier avec prudence selon la source (IFRAP, think tank libéral, avance le chiffre de 43% sous le SMIC, non vérifié de façon indépendante ici). Source : Trésor — Disparités des revenus agricoles ; Fondation IFRAP — revenu agricole moyen (source partisane, à recouper).
  • Rapport gouvernemental sur la souveraineté alimentaire (mars 2024) : la France reste globalement souveraine (premier pays agricole d'Europe en surface, balance commerciale agroalimentaire positive de 7 à 9 Md€), mais avec des fragilités fortes sur les intrants (azote, phosphate) importés. Source : Ministère de l'Agriculture — Évaluation de la souveraineté agricole et alimentaire ; franceinfo — synthèse.
  • Note : aucun rapport France Stratégie dédié spécifiquement au financement de la souveraineté alimentaire trouvé — signalé comme lacune plutôt que d'inventer une référence.

3. Contraintes et obligations de l'Union européenne

Budget et architecture de la PAC 2023-2027

  • Budget total UE : 387 Md€ sur 2023-2027, dont 291,1 Md€ pour le FEAGA (1er pilier — aides directes et mesures de marché) et 95,5 Md€ pour le FEADER (2e pilier — développement rural). Source : Commission européenne — PAC 2023-27.
  • Enveloppe française : environ 9 Md€/an (FEAGA ~7,0 Md€/an + FEADER ~2,0 Md€/an), soit près de 45 Md€ sur la période, avec un transfert de 7,53% du 1er vers le 2e pilier (~549 M€/an). Source : Ministère de l'Agriculture — infographie PAC par pays.
  • Ces montants sont fixés au niveau européen jusqu'en 2027 : aucun parti français ne peut donc, seul, réorienter unilatéralement l'architecture budgétaire de la PAC actuelle avant l'entrée en vigueur du prochain cadre financier pluriannuel post-2027, actuellement en négociation.

Conditionnalité environnementale

  • La PAC 2023-2027 renforce la conditionnalité (le non-respect peut impacter l'intégralité des aides) via 9 normes BCAE (Bonnes Conditions Agricoles et Environnementales), contre 7 précédemment.
  • Les éco-régimes (aides à l'hectare pour pratiques écologiques) représentent 20 à 30% de l'enveloppe du premier pilier.
  • Source : Ministère de l'Agriculture — conditionnalité des aides PAC.

Accord UE-Mercosur : état des lieux factuel

  • Chronologie : accord politique conclu le 6 décembre 2024 ; le Conseil de l'UE a autorisé la signature le 9 janvier 2026 ; signature formelle le 17 janvier 2026 à Asunción (Paraguay) ; application provisoire de l'accord commercial intérimaire depuis le 1er mai 2026. Source : Conseil de l'UE — communiqué ; Touteleurope — dossier Mercosur.
  • Contenu chiffré : quota de 99 000 tonnes de bœuf/an à droit réduit (à comparer aux ~200 000 tonnes de bœuf déjà importées annuellement dans l'UE toutes origines confondues — soit ~1,6% de la production européenne), 60 000 tonnes de riz, 45 000 tonnes de miel sans droits de douane. Source : Commission européenne — vrai/faux Mercosur.
  • Garanties sanitaires invoquées par la Commission : les OGM interdits dans l'UE ne peuvent pas être importés ; les limites maximales de résidus de pesticides européennes s'appliquent aux produits importés ; règlement « zéro déforestation » applicable au soja/bœuf importés à partir du 30 décembre 2026.
  • Clause de sauvegarde renforcée (2026) : ouverture d'une enquête si les importations augmentent de 5% ou si les prix baissent de 5%, avec délai d'activation de 21 jours.
  • Point de faisabilité politique important : l'accord se compose de deux volets juridiquement distincts — un accord commercial intérimaire, compétence exclusive de l'UE (majorité qualifiée au Conseil ; en application provisoire depuis mai 2026 sans vote du Parlement européen, qui a saisi la Cour de justice de l'UE pour avis le 21 janvier 2026, par 334 voix contre 324 — Le Club des juristes), et un accord d'association plus large (EMPA), "accord mixte" nécessitant la ratification des 27 parlements nationaux. Conséquence factuelle : un président français seul ne peut pas bloquer unilatéralement le volet commercial déjà validé à la majorité qualifiée — la France a tenté de constituer une minorité de blocage et n'y est pas parvenue. Source : Wikipédia — Accord de libre-échange Mercosur-UE ; Douane française.
  • Résolution de l'Assemblée nationale (27 novembre 2025) invitant le gouvernement à s'opposer à l'accord : symbolique, sans effet contraignant sur la ratification européenne du volet commercial.

4. Fact-checking sur les promesses controversées

Faites glisser le tableau vers la droite pour voir toutes les colonnes →

Affirmation couranteVerdict factuelSource
« Le Mercosur va faire entrer 200 000 tonnes de bœuf sud-américain en plus »À nuancer : le quota Mercosur à droit réduit est de 99 000 tonnes/an, à comparer aux ~200 000 tonnes déjà importées annuellement par l'UE toutes origines confondues (hors Mercosur)Commission européenne
« Le bœuf aux hormones interdit dans l'UE n'entre jamais sur le marché européen »Faux en pratique récente : la Commission a constaté que de la viande bovine contenant des traces d'hormones de croissance (interdites depuis 1981) est entrée sur le marché d'une dizaine d'États membres en 2024-2025, indépendamment de l'accord MercosurWeb-agri ; Foodwatch
« Un candidat/président pourra bloquer seul la ratification du Mercosur »Trompeur : le volet commercial est déjà en application provisoire ; seul le volet association plus large nécessite ratification des 27 parlementsWikipédia
« Une campagne de désinformation russe amplifie la colère anti-Mercosur »Signalé par plusieurs observateurs (dont l'ambassadeur brésilien auprès de l'UE) ; à traiter comme allégation documentée plutôt qu'un fait établi de façon indépendanteEuronews
« 43% des agriculteurs gagnent moins que le SMIC »Chiffre à vérifier : cité par l'IFRAP (source engagée), non recoupé avec une source INSEE/Trésor indépendante donnant ce pourcentage précisIFRAP

Limite méthodologique assumée : pas d'accès à un article Les Décodeurs/CheckNews dédié combinant Mercosur + agriculteurs — recommandé de consulter directement avant publication.

Sources générales consultées

Recommandation avant publication : faire relire la section Mercosur/fact-checking par une source indépendante (Les Décodeurs, CheckNews, AFP Factuel).